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Suppression de la taxe d’habitation : Récompenser les mauvais élèves

La suppression de la taxe d’habitation était inscrite dans le programme d’Emmanuel Macron. Cette promesse était justifiée par le fait que cet impôt local est particulièrement injuste et que personne n’était arrivé à le réformer depuis plus de 30 ans.

Il n’y a donc pas de surprise pour que cet engagement soit ré-affirmé lors de la récente conférence des territoires organisée au Sénat.

Il n’y a pas non plus de surprise à entendre les nombreux nouveaux maires de droite, élus en 2014, s’insurger contre cette “odieuse atteinte à l’autonomie fiscale des communes” et crier à “l’insupportable remise en cause de la libre administration des collectivités locales”.

La plupart de ces nouveaux maires se sont fait élire en promettant une baisse des impôts locaux, thématique visiblement porteuse chez leurs électeurs.

Pour eux, c’est un peu la double peine : Ils ont sans doute dû faire des efforts dans la gestion de leur collectivité, reporter certains investissements, rationaliser leurs dépenses de fonctionnement pour arriver à baisser de quelques points la fiscalité locale.

Des décisions compliquées mais qui devaient s’accompagner de dividendes électorales lors des prochaines élections  : “Revotez pour moi, j’ai tenu ma promesse de baisse des impôts

Et patatra…

Avec la suppression de la TH pour 80% des foyer, tous ces efforts ne seront même plus perçus par leurs électeurs.

Pire. La dotation de compensation qui sera versée par l’Etat sera sans doute calculée sur le produit de la TH de 2015 ou 2016, les premières années de baisse des impôts.

Un maire qui perd à la fois un bénéfice politique espéré et qui voit ses recettes figées à leur étiage n’est forcément pas content !

A l’inverse, la suppression de la TH n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde.

prenons au hasard... Michèle Picard !
Prenons au hasard… Michèle Picard !

Prenons un maire peu attentif à la gestion de sa commune et encore moins à la satisfaction de ses administrés… Prenons le maire de Vénissieux par exemple !

Avec une masse salariale dépassant les 60% de son budget, un tel maire est financièrement étranglé.

La bonne solution serait de réduire son fonctionnement, mais cela signifierait se séparer de salariés qui sont autant d’obligés pour sa ré-éelection.

La maire de Vénissieux a donc opté pour une recette moins vertueuse, mais qui marche depuis longtemps : Augmenter fortement les impôts en début de mandat et espérer que ses « braves » électeurs auront oublié 5 ans plus tard.

C’est ainsi que les vénissians, qui comptent parmi la population la plus pauvre de l’agglomération lyonnaise, ont vu leurs impôts locaux augmenter de 5% en 2015 !

L’annonce de la suppression de la Taxe d’habitation est un double cadeau fait par ce gouvernement à madame Picard.

Non seulement les vénissians n’auront plus à se souvenir du coup de bambou fiscal de 2015 puisqu’ils ne paieront plus, dans leur immense majorité, de TH en 2020, mais en plus, la mairie de Vénissieux voit sa dotation de compensation fixée à un niveau élevé grâce à l’augmentation du début de mandat.

Et c’est ainsi qu’une décision prise par un gouvernement honni par les communistes locaux va doublement leur bénéficier !

Inutile d’espérer attendre des remerciements de leur part, on a rarement vu des mauvais élèves se glorifier d’une erreur de notation à leur bénéfice…

 

Les militants ont tranché

20170522_211813 2Il faut l’avouer, ma candidature aux élections législatives a fait son petit effet !

Je n’avais en effet pas accepté qu’un de mes camarades – Adrien Drioli pour ne pas le nommer – se considère légitime pour déposer sa candidature à l’issue du vote de seulement 17 militants de saint-priest jeudi dernier.

J’avais donc moi aussi déposé ma candidature, à quelques minutes de l’heure limite.

Une décision qui a jeté le trouble parmi mes camarades mais qui avait avant tout pour objectif de faire réagir, comme en témoigne ma profession de foi prête à être imprimée.

ooObjectif atteint puisque durant le week-end  Christiane Demontès, ancienne première fédérale du parti, et Thierry Philip, Vice-président de la métropole, maire du troisième arrondissement, ont pris l’initiative de convoquer en toute urgence une assemblée générale de circonscription, seule instance à même d’émettre un avis sur une candidature PS sur la 14eme circonscription.

Plus de 80 militants se sont donc réuni ce lundi et ont longuement et librement débattu.

De la légitimité des candidatures déposées, du risque réel de voir la circonscription basculer au Front National ou au parti communiste, du respect de nos statuts…

Des débats vifs mais argumentés, pugnaces mais respectueux. Un bel exemple de ce que les socialistes sont capables, pour peu qu’ils s’en donnent les moyens.

J’ai pu à cette occasion expliciter les raisons de ma candidature et redire que je me plierai bien entendu à la décision majoritaire.

Nous avons aussi pu prendre connaissance d’un texte signé par Sylvie Guillaume et Annie Guillemot qui attirait notre attention sur les choix qui s’offraient à nous.

Car à l’issue des débat, il fallait bien se décider.

Christiane Demontès et Thierry Philip ont choisi de faire se prononcer les membres de cet Assemblée générale sur la question autour de laquelle tout le débat avait tourné : Fallait il ou non un candidat socialiste dans notre circonscription?

Le résultat du vote est sans appel  : 62 ont voté non, et 2 oui !

Cette position claire sera immédiatement transmise à la direction nationale de notre parti qui ne pourra pas ne pas en tenir compte.

Moi, candidat aux législatives ?

Just before deadlineQuelques minutes avant l’heure limite, j’ai déposé vendredi 20 ma candidature aux élections législatives dans la 14eme circonscription.

Pourquoi une telle candidature alors même que j’avais signé avec d’autres secrétaires de sections socialistes un communiqué de presse dans lequel nous appelions à un “soutien exigeant”  à la candidature d’Yves Blein ?

La raison en est très simple :  Si je suis un socialiste réformiste, je suis aussi un socialiste légaliste. Chacun se souviendra de la patience dont j’avais fait preuve en attendant de longue semaines l’investiture de mon parti pour les élections municipales de 2014 puis de 2015.

En 2017, mon parti aurait décidé de finaliser ses investitures après la date limite de dépôt des candidatures en préfecture. C’est étrange, mais c’est comme cela…

Avec l’investiture d’Yves Blein par En Marche, le parti avait décidé de désigner de nouveau candidat socialistes dans toutes les circonscriptions sauf dans le cas où une telle candidature aurait conduit à l’élection d’un député FN, ce qui, compte tenu des résultats passés, est évidemment le cas dans notre circonscription.

Nous en étions là lorsque nous avons appris jeudi soir que certains socialistes de Saint-Priest avaient décidé, dans leur coin, de se réunir et de décider, tout seuls, qu’ils allaient présenter un candidat en la personne d’Adrien Drioli.

17 personnes ont décidé pour les quelques 250 militants de la circo’. Etonnant non ?

La logique aurait voulu qu’une assemblée de militants de circonscription en débatte, mais il était trop tard vendredi pour la convoquer et décider avant 18h00.

Mes “camarades” san-priots avaient bien planifié leur coup !

Un peu énervé (très énervé en fait !), j’ai finalement décidé que la meilleure façon de répondre à cette minable manipulation, était, à nouveau, de jouer la carte de la légalité.

J’ai déposé ma candidature à la préfecture et devant mon parti via un courrier adressé à J. C. Cambadélis.

Nous verrons bien mardi quelle sera sa décision…

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Michèle qui dit NON

Je me suis fait cette remarque ne passant devant l’affiche pour le 8 mars : “dites NON”

Ce n’est pas la première fois que la communication officielle de la mairie utilise ce “NON”

C’est même un mot fétiche de Madame le Maire : la fresque inaugurée avenue Sémard vante ceux qui disent “NON”, les articles publiés sur son blog abusent de cette négation (“Europe, c’est toujours NON”, “NON à la criminalisation de l’action syndicale”…)

non4En fait, Michèle Picard est la femme du “NON”

C’est un peu dommage selon moi, car Vénissieux aurait tellement besoin de OUI…

OUI à la métropole, OUI à la mixité sociale, OUI aux doubles menus dans les cantines, OUI à la baisse des impôts…

Un “OUI”, c’est tellement plus agréable et porteur d’espoir…non ?

L’usine, la maire communiste et le fonds de pension…

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Sur la table de mémé !

Véninov est un fabricant de toiles cirées, ses nappes Venilia ont recouvert la plupart des tables de cuisine dans les années 60. Au plus fort de son activité, l’usine emploie 1.200 personnes à Vénissieux.

Mais en ce début de 21eme siècle, le marché de la toile ciré n’est plus ce qu’il était et, en 2011, seuls  87 salariés travaillent sur le site.

Le monde bouge et l’économie s’adapte, les produits naissent, et parfois ils disparaissent.

En 2010, une rumeur de cessation de paiement se propage. André Gerin – député à l’époque –  Michèle Picard, maire de Vénissieux, et la GCT organisent un comité de soutien et bloquent la production. Pas la meilleure solution pour faire face à des difficultés économiques, mais tout à fait dans la logique du rapport de forces des “travailleurs” contre le “grand patronat”. Continuer la lecture de L’usine, la maire communiste et le fonds de pension…

L’argent du logement social sur les maillots de l’OL ?

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La métropole et la mairie financent le promoteur, le promoteur sponsorise le club de foot…

Une précision d’abord : Je n’ai rien contre le logement social ni contre l’OL, bien au contraire !

Mais la récente annonce du sponsoring du “promoteur de logement social” de l’équipe de foot de Lyon ne peut que me faire réagir.

Reprenons :

Depuis de nombreuses années, la construction du logement social est majoritairement faite par des promoteurs privés qui revendent ensuite aux bailleurs sociaux. ça s’appelle la technique de la VEFA – vente en l’état futur d’achèvement – et c’est tout à fait légal.

La VEFA a permis de construire deux fois plus vite que lorsque les organismes HLM le faisaient en direct ; personne ne trouvera à redire à cela.

Mais le système s’est emballé.

Les promoteurs privés ont vu tout l’intérêt qu’il y avait à pré-vendre 25, 50 ou 75% de leur programme. C’est autant de frais de commercialisation en moins !

Certains – comme Alila – se sont même spécialisés dans ce juteux business et font désormais la queue devant les guichets des mairies pour obtenir des permis de construire.

Rien à redire, si ce n’est que le logement social est majoritairement financé par de l’argent public (Etat, Métropole et communes)

Rien a redire, si ces promoteurs de logements sociaux ne dégageaient pas une si belle marge financière qu’ils se permettent de si généreuses opérations de sponsoring (Asvel, OL…)

Rien à redire non plus, si les nouveaux immeubles de logements majoritairement social n’étaient pas si souvent construits dans les quartiers qui débordent déjà de logements sociaux. Demandez aux habitants des Minguettes et vous verrez ce qu’ils en pensent.

Alors quand je vois sur ces photos une maire – anticapitaliste notoire! -, un promoteur et un président club de foot, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’une partie de l’argent public consacré au logement social part en publicité sur des maillots de foot.

Et là, je suis un peu énervé…

 

Cher Thierry (où il est question de mixité dans l’habitat)

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A l’attention de Thierry Repentin

Monsieur le délégué interministériel à la mixité sociale dans l’habitat, cher Thierry,

Je profite de votre déplacement dans l’agglomération lyonnaise lundi 4 avril pour me permettre une petite adresse. Oh, rien de grave, rassurez vous…

Je trouve très bien que vous preniez le temps de signer le contrat de mixité sociale avec le maire de Charbonnière les bains. On sait que cette commune est naturellement peu encline à signer des permis de construire pour des vilains HLM et on imagine les subtiles tractations auxquelles les services de l’Etat ont du se livrer pour aboutir à ce fameux contrat. Félicitations donc !

Mais si construire des logements pour les pauvres dans les villes de riches est une louable intention, promouvoir des logements de “moyens riches” dans des villes de pauvres est tout aussi nécessaire !

Jeudi dernier le maire d’une commune de l’agglomération a inauguré en grand pompe une ensemble immobilier dans son centre ville. Une très belle réalisation, de qualité, d’architecture contemporaine, mais … 100% social.

Il n’y aurait rien a redire si cette commune n’était pas Vénissieux, ville qui compte déjà plus de 50% de logements sociaux…

Je crois, cher Thierry, que la mixité sociale dans l’habitat doit être prise par les deux bouts, et qu’il ne faut pas oublier les communes, les quartiers  à fort pourcentage de logements sociaux et dont le développement urbain continue à se faire… avec du logement social !

Car, et vous le savez bien, si des promoteurs privés construisent a Vénissieux, à Givors ou à Vaulx-en-Velin, c’est majoritairement dans le cadre de VEFA, un système devenu complètement fou. La puissance publique paie des promoteurs pour construire des logements qu’ils revendent ensuite en bloc aux bailleurs sociaux sans prendre aucun risque.

Demandez donc à un promoteur privé de commercialiser des logements en zone sensible, demandez à des réseaux de vente de “Pinel” de proposer des produits dans les quartiers… ils vous riront au nez !

Alors comment réintroduire de la mixité  dans l’habitat, cher Thierry ?

Je crois qu’il ne suffit plus de tirer l’oreille aux vilains maires qui ne veulent pas de logements sociaux. Il faut aussi trouver les moyens de contraindre les méchants promoteurs qui ne veulent pas prendre de risque en construisant là où il est plus difficile de vendre.

Vous pouvez les contraindre, vous, le gouvernement, l’Etat.

Il y a des moyens. Par exemple, on pourrait imaginer conditionner la délivrance d’un permis de construire à un promoteur à Ecully  – j’ai entendu dire que ça se vendait bien là bas - à la réalisation d’un programme non social à Vénissieux.

Ca, ça aurait de la gueule, ça montrerait le véritable effort d’une agglomération en faveur de la vraie mixité dans l’habitat.

On en parle ?

Etrangers, faites la queue (numérique) !

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il va falloir attendre… longtemps !

 

Depuis 2015, les préfectures demandent aux personnes étrangères de prendre rendez-vous par internet pour leurs démarches de demande ou de renouvellement de titre de séjour.  

A priori, c’est moderne,  efficace, et surtout, ça évite de voir se constituer des queues d’étrangers devant les préfectures.

Mais cette dématérialisation des procédure prive de nombreuses personnes étrangères précaires de l’accès au service public.

C’est ce que vient de prouver La Cimade dans une vaste étude sur toute la France (Lire ici)

Derrière l’apparence de la modernité,  des personnes se retrouvent dans l’incapacité de faire seules leurs démarches, faute d’accès à internet, mais surtout en raison des délais invraisemblables pour obtenir un rendez vous.

On apprend grâce à cette étude, qu’à Vénissieux, dans 76% des cas, il est tout simplement impossible d’obtenir un rendez vous !

Seuls 22% des demandeurs peuvent espérer un rendez vous dans un délais compris entre un et deux mois.

On ne s’y prendrait  pas autrement pour décourager les étrangers d’être en règle vis à vis de la loi !

Bien sûr, Le projet de loi relatif au droit des étrangers qui instaure la délivrance d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’à quatre ans après douze mois de séjour va à terme remplacer la carte d’un an renouvelable chaque année.

Cela permettra de réduire le nombre de personnes concernées et peut être la durée d’attente.

Mais cela n’enlève rien à la pertinence de l’étude de la Cimade et au scandale de la situation.

On espère que la municipalité, toujours prompte à dénoncer les injustices, saura se saisir de cette question et obtenir des services du préfet un service de meilleure qualité à Vénissieux

Un sur deux (mais vous allez vous bouger, oui ?)

isoloirsLa claque… Les résultats du premier tous aux régionales sont une claque pour tout démocrate, qu’il soit de gauche, vaguement progressiste, écologiste ou même simplement conservateur. Le score du Front National est, il faut le reconnaître, impressionnant. Plus de 6 millions de voix, 28 % des suffrages exprimés, la vague est malheureusement forte.

Les chiffres sont terribles, mais ils restent abstraits. Pour mieux se rendre compte de la situation,  il faut se dire qu’un adulte sur quatre environ vote pour Marine Le Pen.

On y pensera demain lorsque l’on saluera son quatrième collègue, lorsque l’on fera la bise à notre quatrième copine, quand on se retrouvera à quatre dans un ascenseur… Statistiquement, un de ceux là vote pour le FN !

Mais quitte à parler statistiques, on peut aussi se pencher sur un autre groupe : les abstentionnistes. Ils sont 50% des inscrits. Un sur deux qui ne s’est pas déplacé, qui s’en fout, qui s’en balance que Le Pen fille ou nièce prenne le pouvoir dans les régions.

Un électeur sur deux, ça en fait du monde !

Et forcément chacun en connaît, et plus d’un. Alors on peut, nous aussi, s’en foutre, se dire que ceux-là sont perdus pour la République, qu’ils n’ont jamais voté et qu’ils ne voteront sans doute jamais, Et que d’ailleurs, s’ils se mettent à voter, qui dit qu’ils ne choisissent pas les deux blondes ?

On peut se dire ça, mais alors il faut reconnaître notre défaite totale. Absolue. Définitive.

Ou alors, on peut réagir. Mais vraiment. On connaît tous une dizaine d’électeurs. ça fait 5 abstentionnistes en puissance.

Passer 10 coup de fil pour s’assurer qu’ils aillent bien voter dimanche, c’est pas bien compliqué. c’est pas bien cher. Et puis ça fait du bien à la démocratie. Alors vous je ne sais pas, mais moi, les coups de téléphones à mes amis et connaissances, je m’y mets tout de suite !