Assemblée : le chemin est long et semé d’embuche

Assemblee-Nationale_ParisFaut il des quottas de noir, d’arabe, d’asiatique pour que nos instances représentent la France que l’on voit dans la rue ? Faut-il légiférer ? Faut-il des statistiques ethniques pour voir l’évidence ?

Il a fallut légiférer pour avoir des listes paritaires homme / femme ; quelle solution pour avoir des législateurs qui ressemblent à la France de la rue ? Celle qui défilent pendant les manifestations, celle qui est dans la précarité, celle qui vit à crédit, celle qui voit son frigo plus souvent vide que plein ? quelle solution pour ne plus avoir des notables médecins, avocats, chercheurs, professeurs décider à la place de ceux qui survivent dans les quartiers et qui sont une proie facile pour les extrémistes politiques et religieux ? La solution viendra par les acteurs associatifs et politiques, nous devons construire un rapport de force électoral.

Oui il faut peser pour être entendu et respecté, au risque de se faire traiter de communautaire, ce qui est paradoxal dans un pays qui refuse les statistiques ethniques. Le challenge est difficile face aux écuries politiques mais pas insurmontable, l’exemple des pays arabes nous démontrent que la démocratie et surtout la démocratisation des instances peut se faire mais uniquement par le rapport de force.

Chacun de nous doit s’engager et œuvrer pour peser, en s’inscrivant pleinement dans un parti politique, c’est mon cas et se battre en interne pour faire bouger les lignes et ne pas hésiter à dénoncer la discrimination et l’écart entre le discours et les actes. Je suis effectivement favorable pour que les partis gèlent des postes sur les listes et gèlent des territoires gagnables pour des candidats issus de l’immigration. On pourra appeler cela discrimination positive, peu importe, l’objectif c’est que nos institutions ressemblent à la France de la rue.

Jusqu’à présent, nombreux sont ceux qui ont beaucoup compté sur la maturité de l’homme et son intelligence pour que les esprits évoluent et qu’en France on puisse accepter la différence et condamner l’indifférence. J’entends les partis politiques parler d’égalité et de lutte contre les discriminations. Par contre, aucun ne rappelle l’histoire de nos institutions. Doit on s’en étonner alors que dans nos manuels scolaires, peu de pages évoquent cette histoire ?

Quelques rappels

– Blaise Diagne fut le premier député noir africain à rejoindre l’assemblée nationale française, constamment réélu de 1914 à 1934, Il était également le premier ministre noir des colonies.
– 33 femmes élues députées le 21 octobre 1945 – Première Assemblée nationale constituante
– La première femme sénateur Suzanne Crémieux fut élue le 7 novembre 1948  dans le Gard.
– Le premier sénateur Noir 1959 à 1968 Gaston de Monnerville
– Barak Hussein Obama 4 novembre 2008 , premier président Noir. Tout juste 150 ans après l’abolition de l’esclavage, le sénateur de l’Illinois devient à 47 ans le premier noir à prendre la tête de la Maison Blanche.
Assemblée nationale 577 députés : 19,5% de femmes, (113 femmes), 3 députés issus d’origine extra européenne, zéro homme issu de l’immigration nord africaineSénat 343 sénateurs : 21,5% de femme (75 femmes) dont 2 d’origines extra européenne, zéro homme issu de l’immigration nord africaine
Après ces quelques passages de l’histoire, force est de constater qu’au 21 siècle, sous la Veme République, que l’assemblée nationale et le sénat restent monocolors et masculin. Autrement dit on avait plus de chance, en étant noir, d’être élu député ou sénateur sous la III République qu’au 21 ème siècle !

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