L’usine, la maire communiste et le fonds de pension…

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Sur la table de mémé !

Véninov est un fabricant de toiles cirées, ses nappes Venilia ont recouvert la plupart des tables de cuisine dans les années 60. Au plus fort de son activité, l’usine emploie 1.200 personnes à Vénissieux.

Mais en ce début de 21eme siècle, le marché de la toile ciré n’est plus ce qu’il était et, en 2011, seuls  87 salariés travaillent sur le site.

Le monde bouge et l’économie s’adapte, les produits naissent, et parfois ils disparaissent.

En 2010, une rumeur de cessation de paiement se propage. André Gerin – député à l’époque –  Michèle Picard, maire de Vénissieux, et la GCT organisent un comité de soutien et bloquent la production. Pas la meilleure solution pour faire face à des difficultés économiques, mais tout à fait dans la logique du rapport de forces des “travailleurs” contre le “grand patronat”.

Les choses ne s’améliorant pas, le tribunal de Nanterre déclare en juillet 2011 la liquidation.

Là encore, la CGT et la municipalité communiste se mobilisent pour le maintien de l’activité.

Et ça marche ! L’état, la métropole, le conseil régional ne peuvent refuser de mettre la main à la poche et donnent 140 000 euros. De son côté la mairie débourse au moins 30 000 euros pour assurer l’entretien du site. En échange, l’usine doit  embaucher 20 personnes en CDI.

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60 000 m² en plein centre !

Depuis, seuls 13 personnes ont intégré la nouvelle société Veninov dont la production ne reprend toujours pas. Début octobre 2016 la nouvelle tombe : L’usine fermera définitivement.

Tout ça pour ça serait on tenté de penser.

Mais il y a sans doute pire que cet argent public gaspillé en pure perte.

Car pendant que les communistes et la CGT manifestaient pour sauver à tout prix l’emploi, un fond de pensions américain prenait des participations dans le capital de Véninov en échange…du foncier de l’usine.

Aujourd’hui le résultat est sans appel : la production n’ a jamais repris, l’usine ferme, les salariés sont licenciés, et 60 000 m² en plein centre de Vénissieux appartiennent désormais au fond de pension américain Gordon Brothers  !

60 000 m² de terrains situés à quelques mètres du métro, à deux pas de la place Sublet, qui seront prochainement en vente et dont la valeur peut être estimée à une vingtaine de millions d’euros…

Un joli cadeau que la maire communiste offre à ce fonds de pension !

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M. Soubitez est… à la CFDT

Les élus de vénissieux et la CGT locale sont coutumiers de cet activisme.

Récemment encore, ils se sont mobilisés pour “sauverBosch ou Carbone Savoie.

A chaque fois, les sites sont occupés, les productions bloquées et revendications définitives. Et quand par malheur un syndicat discute avec le patronat, il est la cible de toutes les insultes( cf photo)

Cette logique d’une autre époque produit peu à peu ses effets. Les entreprises hésitent à s’installer à “Vénissieux la rebelle”.

Et là où la mutation d’un territoire industriel devrait être intelligemment pensée et accompagnée, il ne restera bientôt plus que des usines vides… et des fonds de pensions qui se frottent les mains !

 

Mise à jour du 21 novembre  : Contrairement à ce ce qu’écrit Expressions, les terrains n’appartiennent plus au fonds de pension américain. C’est bien le groupe Windhager qui en est pleinement propriétaire et qui peut, seul, décider de vendre. Acquis pour un peu plus de 2 M€, cet ensemble foncier représente une opportunité majeure pour le développement de Vénissieux. La mairie saura-t-elle réagir à temps ?

Une réflexion au sujet de « L’usine, la maire communiste et le fonds de pension… »

  1. C’est vrai que ça pose des questions.

    Mais en même temps, quand on voit la lenteur des bailleurs sociaux à construire, ce n’est pas étonnant !

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